Biographie

Ricardo est un petit prince du style. Un prince qui garde l’âme de l’enfance, qui rêve et se construit des mondes imaginaires. Dans son univers, chaque personnage est une chrysalide qui devient papillon le temps d’une séance photo.

En bon petit prince, Ricardo a son royaume. Il s’appelle Pringles. C’est là-bas où il est né. Là-bas où s’étirent ses racines argentines. L’étonnant hôtel de ville Art déco, perdu au cœur de la Pampa sud-américaine, est la source de son inspiration, et dès son plus jeune âge, le théâtre de ses visions. L’énergie et la passion créatrice du bâtiment construit dans les années folles coulent dans ses veines. A Pringles, Ricardo s’est imaginé comédien. Il fait des claquettes et du music-hall. Il vole, virevolte, séduit avec sa silhouette gracile, presque fragile, et son œil doux, pétillant de vie.

Un jour, au détour d’une couverture de Life magazine, le jeune Ricardo tombe amoureux d’un portrait d’Audrey Hepburn. Comme on lance une bouteille à la mer, le gamin de Pringles écrit aux studios d’Hollywood pour exprimer sa flamme. Quelques semaines plus tard, il reçoit en retour un portrait angélique de l’actrice, au format carte postale signé : « Audrey Hepburn. Sincerely ». Magique. Le portrait ne le quitte plus et trône toujours sur le guéridon dans son salon parisien, au côté d’une autre égérie, Evan Perón.

En 1976, Ricardo vient en France. Un nouveau rêve se réalise. Un voyage, une aventure et des rencontres. Andy Warhol, David Hockney, Roland Topor… Fini de jouer le fantaisiste sur scène, l’envie lui prend de passer de l’autre côté du miroir et de devenir magicien en coulisses. Ricardo invente, se réinvente. Le temps est venu pour lui de créer et de composer des oeuvres photogéniques au côté de grandes signatures : Denis Rouvre, Patrick Swirc, Gérard Rancinan, Jean-Marie Périer, Luc Roux, Richard Melloul…

Dans l’univers de Ricardo, tout est composition. Il a le souci du détail, dans l’habit, le costume, le décor. Il chérie l’élégance épurée. Dans l’ombre des grands photographes et de leurs images créatives, le discret Ricardo insuffleson style. Avec délicatesse et subtilité, l’artiste est devenu au fil du temps un « réalisateur d’empreinte ». Le petit prince de Pringles, qui ne s’oublie pas dès la première rencontre, est au style ce que la plume est à l’écriture. Le trait de l’encre qui souligne une personnalité, celui qui enchante. Ricardo, s’il te plaît, dessine-moi un rêve.

Dimitri Beck

Rédacteur en chef – Polka Magazine